La question con à

Lili Poe

Enkulte : D’où vient ce nom, c’est parce que tu étais fan d’Edgar Allan Poe ?

Lili Poe : Oui, du coup c’est pas une question con :-) parce que oui, oui.
E. : Tout à fait çà … merde ^^.
LP. : C’était un peu pour ça, enfin moitié pour ça et moitié pour mon prénom qui est Pauline, « Pau », et puis « Lili » c’est un surnom, mais oui, oui l’orthographe « Poe » est complètement en référence à Edgar Allan.
E. : On s’en doutait un petit peu, du coup on ne se gêne pas, on pose une deuxième question con… « Sombre », « Une larme », t’as pas trop écouté Portishead ?
LP. : [silence et sourire], si si surement, pourtant « Sombre » c’est plutôt joyeux, mais c’est vrai, j’ai des textes un peu mélancoliques, d’où Edgar Allan Poe finalement.

E. : C’est vrai que sur ces deux titres on a pensé à Portishead tout de suite, notamment la manière avec laquelle tu joues avec ta voix… sinon, tu peux nous en dire plus sur tes autres influences musicales et artistiques en général ?
LP. : C’est vraiment marrant que vous parliez de Portishead, c’est un groupe que j’ai effectivement beaucoup écouté… Dans mon chemin musical, j’ai commencé par faire du chant lyrique quand j’étais petite. Ensuite j’ai voulu m’éloigner de toute cette technique et aller vers un truc très instinctif avec le jazz et le blues que j’ai beaucoup chanté dans les Jams quand j’habitais à Londres. C’est à ce moment là que j’ai découvert le trip-hop et le hip hop avec des groupes comme Tribe Call Quest, Jurassic Five, RJD2, Portishead , Wax Tailor etc. Donc il y a sans doutes des influences un peu comme ça qui sont restées et qu’on retrouve dans les sons qu’on a choisi pour mes chansons. Je voulais quelque chose d’un peu violent, direct, avec beaucoup de bas. Et de l’autre coté j’aime raconter des histoires et interpréter les choses, je pense qu’on a essayé de mélanger les deux et de proposer de la chanson française différente, enfin je ne sais pas si on a réussi mais c’était l’idée ^^.
E. : Très urbain quoi ?
LP. : Exactement oui.

Je voulais quelque chose d’un peu violent, direct

 

 

E. : Ça se voit, vraiment, on sent tout ça dans tes clips, ce chemin, et même dans ta scénographie, tu bouges avec ta voix, tu l’as travaillé ça ?
LP. : Heu non, j’avoue que les gestes c’est un vrai prolongement de ce que je chante, je ne le calcule pas, d’ailleurs parfois il faudrait peut-être que je ne me laisse pas trop emportée par les gestes qui parasite l’interprétation… ben la d’ailleurs tu le vois ^^… le sud peut-être.
E. : Tu parles du Sud, tu viens de quel coin ?
LP. : Aix en Provence
E. : Et là tu es où actuellement ?
LP. : Paris
E. : Ça aide pour ta carrière ?
LP. : Oui, c’est vrai. A Paris je suis proche de mon équipe et puis les allers-retours c’était un peu compliqué au bout d’un moment. Là on bosse sur de nouvelles chansons, c’est quand même plus pratique d’être dans la même ville, de se voir, de pouvoir échanger facilement.

E. : Tu parles d’échanges, on rebondit, on a vu que tu t’étais un peu lancée avec Ullule, on voit de plus en plus d’artistes qui passent par ça ou Mymajorcompany entre autre, selon toi c’est plus facile de toucher son public, créer une communauté comme ça ?
LP. : Alors le projet Ullule, je l’ai lancé il y a un moment dèjà, Novembre 2013, à cette époque-là j’étais toute seule, du coup c’était une bonne manière de développer une communauté et de dire aux gens j’existe… À la suite de ça, j’ai rencontré les producteurs Medeline, avec qui je travaille aujourd’hui, et du coup tout s’est imbriqué. Les gens de Ullule, puis ensuite mes producteurs, ça a fait qu’on a pu bien travailler sur les titres, les clips, essayer de faire de belles choses… là on vient de sortir le clip de « Une Larme », le 1er Avril, que vous avez vu du coup ?
E. : Oui, qu’on adoré (ouais cher enkulté-e, on a des avants premières), on a apprécié les deux clips, on parlait de scénographie tout à l’heure, mais on le sent, c’est bossé, tu réalises aussi les clips ou c’est un travail d’équipe ?
LP. : Je dois dire que j’ai vraiment de la chance d’être bien entourée, avec des gens qui ont pleins de bonnes idées, on échange beaucoup, c’est un petit laboratoire créatif autour de ce projet. Je travaille avec La Sucrerie, c’est le collectif qui a fait mes deux clips et les Sessions Live. Ils travaillent aussi avec le groupe Madame Monsieur, que vous avez rencontré il y a pas longtemps non ?
E. : Oui, oui et qu’on adore !
LP. : Et donc avec Alain Guillerme qui a réalisé les clips, on a toujours beaucoup d’échanges enflammés tous les deux, parce qu’on a pleins d’idées. C’est très agréable de travailler avec lui, il n’a pas peur d’aller vers des choses inattendues, il ne cherche pas la facilité, il propose toujours des choses originales. Pour « Sombre », c’est lui qui m’a proposé l’idée de la destruction d’art et à partir de là on à tiré le fil tous les deux. C’est un super réalisateur et il comprend bien mon obsession de l’image dans la musique.

J’aime chercher comment montrer la musique

 

 

E. : On voit que tu recherches un peu ça, ce côté original, pas vouloir faire ce existe déjà, d’ailleurs, dû à ton parcours peut-être ?
LP. : Je ne crois pas que ce soit vraiment conscientisé, c’est juste que j’ai beaucoup d’imagination qui déborde du coté strictement sonore… J’adore le cinéma et quand j’écris une chanson je pense déjà au visuel, la musique c’est un tout, un mélange de tous les Arts que j’aime.
E. : Une chanson n’ait pas qu’une chanson pour toi ?
LP. : Pour moi non, par exemple pour « Une Larme » […], Alain avait des références assez science-fiction, un genre que j’aime particulièrement, oui je suis une fille qui adore la science-fiction. Du coup il était ravi, on a parlé la même langue tout de suite et on avait les mêmes références cinématographiques. Les clips sont un prolongement de la musique, et j’aime chercher comment montrer la musique.

E. : C’est beau, montrer la musique :-). On revient sur « Sombre », et puisque tu parles de référence, même si ce n’est pas de la science-fiction… tu as travaillé avec Disiz, qui est quand même une légende du Rap français, comme ça s’est passé ?
LP. : Oui, effectivement, Disiz c’est quelqu’un que j’écoute depuis que j’ai 15 ans, depuis son album « Poisson Rouge », je suis une grande fan. Il se trouve que Medeline travaille aussi avec Disiz depuis longtemps et du coup je crois qu’ils lui ont fait écouter mes chansons et… qu’il a été d’accord pour qu’on fasse quelque chose ensemble sur « Sombre ». J’étais flattée, hyper heureuse, c’est quelqu’un pour qui j’ai énormément de respect et d’admiration. ll est là depuis longtemps, et puis on parlait de concept tout à l’heure, il propose toujours des concepts intéressants pour ces albums, il arrive avec des idées neuves, il ne cherche pas à suivre ce qui a déjà été fait, il se renouvelle tout le temps, bref j’adore.

Ils sont mes héros !

 

 

E. : On voit aussi que tu es active sur les réseaux sociaux (Triptyque, Vidéo live « Échos »…), Facebook surtout, c’est important pour toi de rester près de ta communauté, des personnes d’Ulule aussi ?
LP. : Oh oui, ces gens-là, mes héros comme je les appelle… car ce sont vraiment « des héros ». Des gens précieux, une communauté qui est là depuis toujours, qui me soutient, qui relaye ce que je fais…c’est important. Comme pendant un moment on a rien sorti quand j’étais en studio, je trouvais ça sympa de poster des petite choses à regarder, à écouter pour eux, et puis j’ai adoré, je me suis prise au jeu, maintenant dans la rue je cherche toujours des endroits où il ya de l’écho, et si on trouve hop on fait une vidéo…
E. : C’est le côté cool des réseaux, il y’en a d’autres moins…
LP. : Oui, là en tous cas je préfère proposer quelque chose d’un petit peu artistique que de faire des selfies à gogos [sourire].

E. : Bientôt la fin de notre [Question Con] Lili, dis-nous un peu ce qui arrive prochainement, on sait qu’il y a l’album à venir…
LP. : Oui l’album, là il y a surtout le clip de « Une larme » qui est sorti, après, on va essayer de sortir des choses tous les mois, d’autres clips, d’autres titres, d’autres sessions live, et puis voilà, l’album bientôt.
E. : Il y a d’autres artistes d’ailleurs avec qui tu aimerais travailler, genre, en deux parties, un totalement illusoire et l’autre qui sait, peut-être ?
LP. : Kendrick Lammar, illusoire.
E. : Pourquoi pas, ce n »est pas complètement illusoire ?
LP. : J’ai déjà travaillé avec du lourd en France, j’ai eu Disiz… Mais si vous connaissez Kendrick n’hésitez surtout pas à nous mettre en contact. Non mais sans rire Kendrick Lammar, je suis toujours hyper impressionnée par sa musique, son flow et ses textes, c’est un poète moderne, il fait partie de ces artistes actuels hyper inspirant, vraiment !

J’ai travaillé avec du lourd, Disiz !

 

 

E. : Plus réaliste, enfin, y’a rien de méchant…
LP. : [blanc, long blanc] je suis comblée avec Disiz [sourire]… et puis il va y avoir encore d’autres surprises, mais je ne peux pas encore en parler.
E. : Ha, c’est cool ça… c’est qui ?
LP. : Non, je ne peux pas, suspens… [sourire].

E. : On aura essayé ^^, allez une petite dernière… on voit une peinture derrière toi qui évoque le voyage, tu peux nous parler d’un de tes voyages ?
LP. : Ça fait longtemps que je ne suis pas partie loin, mais du coup j’ai découvert plein de trucs moins loin, en France, et c’est vraiment beau… J’adore l’océan, les dunes, le Sud-Ouest. Sinon, je suis allée en Argentine il y a quelques années, toute seule, en espèce de retraite intérieure, « à la suite d’une douloureuse déception sentimentale »… Mais en fait t’es jamais toute seule, tu rencontres toujours des gens, c’était très beau, très vaste et j’ai beaucoup écrit pendant ce voyage… Quand je vais loin, j’aime bien les endroits où il n’y a rien, beaucoup de nature, pas les mêmes cultures…enfin j’aime pas la ville en vacances, je suis une meuf très ville au quotidien, mais en vacances j’aimes les endroits où il y a rien [sourire], en mode dépaysement total.
E. : Merci, merci Lili Poe pour ce petit moment, c’est un réel plaisir pour nous, une première en vidéo et on vraiment apprécié la passer avec toi ^^ tu as un dernier mot à dire à chers enkultés ?
LP. : On va commencer la saison 2 de mes petites vidéos « Échos », toujours dans des endroits qui résonnent mais aussi avec des invités « surprise »…à suivre sur ma page Facebook. Et puis je serai en Showcase, le 19 avril au Dancing de la Brasserie Barbes en co-plateau avec Madame Monsieur.
Merci Enkulte pour vos questions jamais cons, toujours kultes…

Va vite écouter le dernier son de Lili Poe ici :

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