Faut-il pornographier notre filmothèque ?

On est le premier samedi du mois, il est minuit. T’as déjà compris de quoi on parlait, ce rendez-vous immuable, ayant résisté à tout, à internet, à l’explosion du nombre de chaînes de télé alors que notre bon Ça Cartoon lui sombrait dans la nostalgie en compagnie du club Dorothée. Ce rendez-vous on le connait tous, pourtant quand on te demande ton film préféré tu penses d’abord à Pulp Fiction ou Intouchables, si si il y en a. Rarement en tout cas le premier nom qui t’est venu à cette classique question s’est avérer être La cambrioleuse ou Total Rectal.

Si le désir, légitime, de ne pas passer pour un-e pervers au premier rendez-vous est compréhensible, il ou elle le découvrira bien assez tôt, on peut se poser la question de savoir comment s’insère le porno dans notre culture cinéphile.

Oh oui ! Oh oui !

Comme ça de prime abord, on peut penser raisonnablement, que le porno n’a rien à faire dans une vidéothèque. C’est vrai que la plupart de la production de films pour adulte souffre de nombreux manques. Manque d’épaisseur chez les personnages, 25 cm n’étant visiblement pas suffisant, moi jaloux ? Manque de scénario, manque de narration, tu l’as compris ils sont nombreux.

Je viens pour réviser votre tuyauterie

Pourtant, nombreux sont les films dont on nous abreuve à longueur de rétine qui dispose des mêmes manques, sans qu’on n’y trouve grand chose à redire. Il arrive même qu’on se les remate avec un petit plaisir, qu’on les aime parce qu’à ce moment t, on y a trouvé, une émotion, un grain de sourire, une poussière d’inexplicable qui nous l’a fait tant aimé.

Pourquoi en serait-il autrement avec l’industrie des films pour adulte ? Une question de tabou ? C’est bizarre, à l’heure où 50 nuances de Grey a fait 365 000 entrées pour son premier jour, le tabou se joue de curieuse manière.

C’est profond

Et puis si on comparait ce qui est comparable un peu. Le porno est un genre filmique. Avec ses codes, ses routines et ses rites. Le film porno joue sur ton corps, c’est son objectif te donner du plaisir, te faire en prendre, tout comme l’objectif du film d’horreur est de te faire peur, celui de la comédie de te faire rire. Le film pornographique essaie de retranscrire en toi ce qui se passe à l’écran. C’est encore une fois, le même schéma qu’un film gore tout ce qu’il y a de plus classique. Exagérer la vérité pour qu’en toi se dresse une émotion.

Tu retires tout, y compris le tampax

Dans chacun des cas si dès lors, l’objectif, comme ton mouchoir dans le cas qui nous intéresse, est rempli on peut donc dire que le film est réussi.

Bon après soyons tout de même honnête, à moins d’être vraiment, vraiment, fan d’un acteur ou d’une actrice, ou que le film revêt un certain intérêt disons de performance, ou même de nostalgie. Ah nos premiers émois valent de Laure.

A moins de tout cela donc, il resterait tout de même incongru d’avoir un film de cette catégorie à côté des Fight Club et autres Liste de Schindler. Enfin au moins autant qu’avoir un Twilight ou un Projet Blair Witch 2 quoi.

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